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Actualité de la communication

Du cdd au sous-marin : les pièges de l’interview politique

Jean-Jacques Bourdin avait préparé son coup, il voulait son buzz, il a eu son buzz. Moi, je suis sereine” affirme Myriam El Khomri, 37 ans, ministre du Travail, après sa bourde devant les micros de RMC et les caméras de BFMTV (à revoir ici). Sereine peut-être, mais le journaliste n’avait pas vraiment “préparé son coup”. Il a simplement posé une question légitime sur le fonctionnement des CDD (combien peut-on en renouveler à la suite ?) à une ministre dont c’est le domaine de compétences. Myriam El Khomri a lamentablement pataugé avant d’avouer qu’elle était incapable de répondre. 

Cette bourde médiatique est immédiatement traduite dans l’esprit du grand public par « voilà une personne ne maîtrise pas ses dossiers »… C’est un peu comme si votre boulanger ne connaissait pas la recette pain !

L’effet est d’autant plus désastreux pour la communication gouvernementale qu’elle intervient au moment où Manuel Valls promeut la réforme du code du travail. Le CDD n’est pas un détail : il représente actuellement 85% des contrats d’embauche. Les réseaux sociaux se sont délectés de cette bévue. 

El Khomri tweet1




El Khomri tweet2




DES BOURDES DE NOS POLITIQUES SUR 40 ANS

Jean-Jacques Bourdin s’est fait une spécialité de ce genre de questionnement. Pendant la campagne présidentielle de 2007, il avait piégé successivement les deux principaux candidats sur le nombre de sous-marins nucléaires français. En janvier, Ségolène Royal donne une réponse fausse. Un mois plus tard, Nicolas Sarkozy (qui aurait dû réviser ses fiches) tombe dans le même panneau. Un peu inquiétant quand on veut avoir le doigt sur le bouton de la force de frappe. 

Le test le plus classique, c’est le prix du ticket de métro. En 1974, Françoise Giroud coince sur ce sujet le candidat Valéry Giscard d’Estaing qui sera néanmoins élu. Même question posée à Nathalie Kosciusko-Morizet en 2012. Elle avance “4€ et quelques”. C’est en réalité à l’époque 1,70€. On lui repose la question trois ans plus tard. Elle ne sait toujours pas. 

Plus grave, on interroge aussi Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région Île-de-France et surtout patron des transports de ladite région (il préside le STIF). Il préfère avancer le prix du carnet de 10 tickets : 15€. C’est en fait 11,60€ à ce moment-là. Passons sur le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand incapable en 2009 de décrypter l’acronyme HADOPI (le gendarme d’Internet – Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) pourtant sous sa tutelle. 

Finalement, la meilleure façon de se sortir d’un tel mauvais pas, c’est de répondre à côté, par une pirouette. Le premier ministre britannique David Cameron, interrogé un jour sur le prix du pain, avait crânement répondu : “je ne sais pas, je le fais moi-même avec une machine à pain et mes trois enfants l’adorent.”