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Actualité de la communication

Jamais sans mon communicant

François Hollande et Gaspard Gantzer (c) AFP

François Hollande et Gaspard Gantzer (c) AFP


Le documentaire « A l’Elysée, un temps de Président » réalisé par Yves Jeuland (diffusé ce lundi sur France 3) illustre à merveille la mainmise de la communication sur la politique, à l’image de ce qui se passe aussi dans les grandes entreprises.

 

L’homme du président Hollande dans ce domaine, c’est Gaspard Gantzer, 36 ans, énarque aux allures adolescentes qui colle littéralement aux semelles du chef de l’Etat. Et c’est tout le secret du système : la communication n’est pas un appendice subalterne que l’on convoque en cas de besoin. La communication est au cœur du pouvoir.

 

Gaspard Gantzer est constamment dans le sillage de son patron, toujours à portée d’oreille. Car Gaspard veut tout entendre, tout savoir. Le documentaire montre bien la complicité qui lie le président à son communicant en chef. Les deux hommes, malgré la différence de génération et le protocole classique, se tutoient. Gaspard note tout, retranscrit sans relâche la parole présidentielle. Il sait ce qui se passe. Il devine ce qu’il doit en dire ensuite.

 

Il est l’interface avec les médias dévoreurs d’information, avides d’indiscrétions souvent factices que le communicant zélé distille avec malice : « Je te dis ça pour que tu l’aies en tête », dit-il à un journaliste au téléphone. Il ajoute : « Ça, c’est du quadruple off ». Technique habile qui flatte le journaliste qui pense être dans la confidence. Rien ne dit que ce « quadruple off » n’ait été glissé de la même manière à une douzaine d’autres médias.

 

On voit aussi G. Gantzer dans la salle de presse de l’Elysée distribuant les éléments de langage sortis du Conseil des ministres. Quelques instants plus tard, faute de mieux, les reporters des télés alignés dans la cour du palais présidentiel débitent fidèlement les petites phrases prodiguées par le précieux Gaspard.

 

Le communicant alimente la bête médiatique avec des morceaux choisis sans jamais lui laisser la bride sur le cou. GG surveille avec attention les réseaux sociaux et les chaînes d’info en continu. Il actionne la contre-attaque si nécessaire.

 

Ce rôle de chien de garde était jadis dévolu à Claude Chirac auprès de son père Président. Comme Gantzer, elle rectifiait le mauvais pli d’un drapeau dans le champ des caméras. Mais les temps ont changé. Internet ne dort jamais, le rythme n’est plus fixé par le « bouclage » à heure fixe dans les imprimeries des journaux ou à l’heure sacro-sainte des JT du soir. Et le communicant, fébrile, reste aux aguets.